Introduction
31,18% de 37 260 798 français votant au premier tour des élections françaises de 2007 ont porté leur choix sur Monsieur Nicolas Sarkozy, leader du parti politique de droite, l'Union pour un Mouvement Populaire. Malgré un nombre incalculable d'erreurs politiques, il a réussi à récolter un nombre impressionnant de voix, à force de promesses et de sourires.
Innéisme moderne
Je crois que la plus grosse ineptie qu'il a pu proférer est aussi la plus récente.
Monsieur Sarkozy a affirmé, dans une interview avec le philosophe Michel Onfray, publiée dans le journal Philosophie Magazine, ce que les plus obscurs fascistes auraient aujourd'hui honte de dire. Nicolas Sarkozy répondait à une remarque du philosophe, qui lui disait : « Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons. »
Et le petit Nicolas de lui répondre gravement cette affirmation terrible :
« Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense. »
Cesare Lombroso, défendit au XIXème siècle une thèse selon laquelle la propension à sombrer dans la délinquance dépendrait des caractéristiques physiques des individus. Il mettait donc en avant la partie innée de notre comportement. Il fut cependant vite décrédibilisé, voire ridiculisé, notamment par la théorie freudienne. Et nous votons pour un homme qui s'appuie sur les progrès de la science pour ressortir les mêmes théories absconses et poussiéreuses? Nous votons pour quelque un qui pense que l'homosexualité est héréditaire? Loin de moi l'idée de pousser plus loin la comparaison des deux personnages, mais je croyais que l'une des dernières personnalités politiques à avoir proféré de telles horreurs avait marqué de son sceau l'Histoire du monde d'une façon si profonde qu'il ne viendrait à l'idée de personne de reprendre cette affirmation... Ce n'est apparemment pas le cas.
Tout ceci est évidemment la porte ouverte à toutes les confusions et les exactions eugénistes...
Au passage, profitons de cette intervention pour rappeler un détail à ceux qui n'ont pas réellement compris les propos de Sarkozy, et qui répondent gaiement, l'air compatissant :
« Mais voyons, si tes parents sont homosexuels, tu vas les voir comme ça au quotidien, et donc tu auras plus de chances de l'être aussi. » En effet. Mais cette opinion suit la ligne opposée à celle de Sarkozy, car ceci revient à dire que l'environnement ( des parents homosexuels ) façonne les individus. Sarkozy pense qu'un individu, même orphelin, deviendra homosexuel s'il doit le devenir. Quelle liberté nous accorde-t-il, dans son immense mansuétude !
Axel Khan, le plus grand généticien français, a pour sa part affirmé qu'il « n'y a pas de gène d'un destin malheureux » et a reproché à Nicolas Sarkozy de « s'exonérer par avance de ses responsabilités ». Scientifiquement, la théorie Sarkozyste ne tient pas debout. Et philosophiquement, elle s'écrase dangereusement devant les lourdes pages de La Nausée ou de la conférence L'existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre. Il y expliqua pourquoi « l'existence précède l'essence ».
Sartre y explique que l'homme est entièrement libre de définir son essence, dont il est dépourvu à la naissance. Un individu ne naît pas ce qu'il est, il le devient. Il rejette donc toute idée de destin, de déterminisme. Sa philosophie, puisqu'elle implique que l'homme ne soit pas prédéfini, est une philosophie de l'action.
Mais Monsieur Sarkozy semble vouloir tirer un trait sur le passé, et particulièrement le plus grand philosophe du siècle dernier ( peut-être à cause de l'engagement à gauche de Jean-Paul Sartre? )...
Scandale inaperçu
Dernièrement, Monsieur Sarkozy a proposé une loi invitant les professionnels de l'enfance ( médecins, personnels de crèche, instituteurs ), à déceler et enregistrer les signes d'« indocilité, agressivité, impulsivité » chez les enfants de 36 mois.
Ce texte s'inscrit dans le projet de loi de prévention de la délinquance. Ainsi, Monsieur Sarkozy considère que tout est joué à la naissance, et que l'on doit suivre, surveiller, avec attention et méfiance, les enfants de 3 ans, parmi lesquels se trouvent forcément de futurs délinquants, dont il convient d'éradiquer les tendances le plus tôt possible.
Les scientifiques contemporains sont pourtant les premiers à reconnaître que l'acquis ( facteurs environnementaux, économiques, sociaux, culturels, éducatifs, familiaux ) est bien plus déterminant pour les comportements ultérieurs que les facteurs génétiques neurobiologiques ou psychologiques individuels.
En cela, la vision de l'homme proposée par Nicolas Sarkozy reste profondément inégalitaire, et dangereuse.
Mais revenons un peu sur le passé de cet homme politique.
Arrivisme et politique
Lorsque l'on a proposé à Monsieur Sarkozy de remplacer Jean-Pierre Raffarin au poste de premier Ministre, il a refusé, sachant que s'il prenait cette place, il ne serait jamais élu Président de la République. Raisonnons.
Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'a pas d'autre ambition que l'avenir de la France.
Il dit aussi qu'il est parfaitement efficace et qu'il est le seul à pouvoir redresser la situation. Pourquoi donc avoir refusé d'être premier ministre lorsque ce lui fut proposé?
S'il est efficace, il apparaît évident qu'il est guidé dans ses choix par ses ambitions de carrière et non pas son amour de la patrie comme il le claironne.
S'il n'a pas d'autre ambition que de relever la France, et qu'il a refusé ce poste, il est tout simplement inefficace. CQFD.
Efficacité contestable
À présent, rappelons-nous. Vendredi 4 novembre 2005, Le Parti communiste, Noël Mamère et André Vallini, secrétaire national du PS chargé de la justice et de la sécurité, ont réclamé la démission du Ministre de l'Intérieur. Pourquoi un tel vent de haine et de mépris, pourquoi crier à l'incompétence? Toutes ces réactions sont, comme vous vous en souvenez, la conséquence des paroles provocatrices prononcées par le ministre, qualifiant les jeunes de banlieue de « racaille », à nettoyer « au Kärcher ». S'ensuivirent non seulement des réactions politiques, mais surtout un embrasement spectaculaire des banlieues. Les jeunes en ayant assez de n'être considérés que comme des sous-hommes se sont mis à brûler voitures, bus, poubelles, et à s'opposer jour après jour aux forces de l'ordre.
Que ceci constitue pour eux un simple amusement, qu'ils aient une réelle conscience politique, ou que le vrai problème réside dans leurs conditions de vie et leurs carences économiques et sociales, là n'est pas la question qui nous intéresse, bien qu'elle mérite d'être développée. Tout ce que l'on peut remarquer est qu'il suffit d'un mot de Nicolas Sarkozy pour que les banlieues s'enflamment ! Pour l'homme politique soi-disant le plus efficace de la campagne, il y a mieux.
En effet, Monsieur Sarkozy n'a même pas été bon ministre, et certains voudraient déjà le voir président.
Remarquons au passage que même les policiers, qui sont habituellement plutôt acquis à la cause d'un ministre de l'Intérieur, ne veulent pas voter pour lui, parce qu'il a introduit dans la profession une culture du résultat. Ainsi, Monsieur Sarkozy préfère voir la police arrêter 5 petits délinquant refourguant de la drogue à leurs connaissances, plutôt qu'un gros trafiquant. C'est d'une logique imparable. De plus, depuis janvier 2007, 3000 policiers ont été blessés. Merci à Nicolas Sarkozy, si efficace.
Mais au-delà de ces idées absurdes, jetons un coup d'oeil sur son bilan à l'Intérieur.
Place Beauvau, on répète sans cesse les résultats les plus optimistes et encourageants.
Mais qu'en est-il en réalité?
Bilan à l'Intérieur
Nous pouvons constater, de 2002 à 2005 une diminution de 14,7% des vols en tous genres. C'est a priori plutôt réjouissant. Mais à y regarder de plus près, ce sont particulièrement les vols d'automobiles et les cambriolages qui ont diminué. Si la première réduction peut s'expliquer par un redéploiement des forces de police, la baisse du nombre de cambriolages ne tient qu'à la modernisation des systèmes de sécurité, et est donc indépendante des décisions de l'Intérieur.
Mais, bien plus intéressant, les crimes et délits contre les personnes ont augmenté de 16,8% en deux ans. Les coups et blessures volontaires ont connu une hausse de 18,7%, les menaces ou chantages, de 19,6%, et finalement les infractions contre la famille ou l'enfant, de 12%.
Puis, nous pouvons voir une diminution entre 2003 et 2005 des destructions et dégradations de biens. En effet, les dégradations ou destructions de véhicules privés ont diminué de 13,4%. Mais ces chiffres interviennent avant les émeutes qui ont eu lieu dans les banlieues, et ont donc dû être rapidement revus à la hausse.
Finalement, les autres crimes et délits ont augmenté de 4,9%, avec une diminution spectaculaire ( 30,7%) de falsifications et usages de chèques volés ( mais cette tendance est indépendante de la volonté du ministre, elle s'explique par une recrudescence des vols de carte bleue, une baisse d'utilisation des chèques et des améliorations techniques ). En revanche, les infractions à la législation sur les stupéfiants a augmenté de 33,7%, les délits à la police des étrangers, de 33,4%, le travail clandestin de 19,5%, et l'emploi
d' étranger sans titre, de 28,2%.
Ces chiffres montrent d'ailleurs que malgré les lois concernant l'immigration, beaucoup d'étrangers viennent toujours en France illégalement. Est-ce en durcissant la loi, en rendant encore plus interdit ce qui l'est déjà que l'on arrivera à freiner l'immigration clandestine? Non, Monsieur Sarkozy.
Bilan au Budget
Rappelons à présent rapidement les brillants résultats du passage de Nicolas Sarkozy au ministère du budget.
L'État s'endette un peu plus chaque année, faute de ne pouvoir mieux équilibrer les recettes fiscales et les dépenses publiques. Chaque année depuis 1974 la France adopte une loi de finance déficitaire. La dette française s'élève à plus de 1200 milliards d'euros ( soit plus de 18 000 euros pesant sur les épaules de chaque français ) et le simple remboursement des intérêts aux prêteurs représente plus de 40 milliards d'euros par an, soit le deuxième poste de dépense de l'État. Mais plutôt que d'étudier les causes structurelles et conjoncturelles de la dette, réduire les dépenses et augmenter les recettes pour équilibrer le budget de la nation, monsieur Sarkozy s'égare dans les propositions les plus absurdes.
Alors qu'il était ministre du Budget dans les années 1994 et 1995 sous le gouvernement Balladur, le déficit a bondi jusqu'à 6 %, au mieux 5,4 % du PIB. Or, le moins attentif des élèves de 1ES sait que le pacte de stabilité prévoit que le déficit des pays membres de la zone euro ne dépasse pas les 3% de leur PIB. Nicolas Sarkozy fut donc surnommé "Mr Déficit", car il était à la tête du plus grand déficit de la Vème République. Selon les chiffres du ministère de l'Économie la dette publique est passée de 375 milliards d'euros en 1993 (45,3% du Pib) à 496 milliards d'euros en 1995 (54,6% du Pib).
Baisses d'impôts
Plus récemment, Nicolas Sarkozy, promit 15 milliards d'euros de baisses d'impôts ( bien que les impôts ne représentent que la moitié des prélèvements obligatoires, et que leur part dans le PIB ait diminué de 0,5 points depuis 1970 ). Et il ajouta qu'il ne s'interdirait pas de marquer une pause dans la réduction du déficit budgétaire. Nous connaissons pourtant tous les risques d'un déficit trop important, mais Nicolas Sarkozy doit considérer ce sujet soit trop compliqué pour les français, soit trop simple pour lui-même, son talent politique ne devant pas se limiter à cette tâche trop embarrassante.
Travailler plus pour gagner quoi?
De plus, Monsieur Sarkozy considère que les Français doivent travailler plus, parce qu'ils ont des durées de travail inférieures à celles des autres pays. C'est complètement faux, un salarié français travaillant en moyenne 36,4 heures par semaine ( au troisième trimestre 2006 ), contre 36,1 heures dans l'ex-Europe des Quinze. C'est à peine moins que le Royaume-Uni ( 36,5 heures, vive le modèle anglo-saxon ), et bien plus que l'Allemagne, avec 34,5 heures.
De plus, si l'on part du postulat que les Français ne travaillent pas suffisamment ( ce qui est faux, comme nous venons de le voir ), il y aurait une raison à cela : une très forte productivité chez les Français. En effet, un Français occupant un emploi produisait
71 900 dollars de richesses en 2005. Nous sommes donc juste derrière les Etats-Unis et la Belgique, mais bien devant le Royaume-Uni, avec 63 600 dollars, l'Allemagne avec 58 400 dollars ou encore 58 800 dollars pour l'Italie. Allonger le temps de travail n'est donc pas une solution, or c'est l'un des piliers du programme de monsieur Sarkozy...
L'homme
Mais après cette analyse de ses (ex)actions, attardons-nous quelque peu sur le personnage en lui-même. Pour réaliser ce rapide portrait, je ne tiens pas à m'appuyer sur des attaques rédhibitoires, consistant à mettre en avant son hystérie et ses nombreux délires compulsifs lors des divers débats télévisés. Cependant, je ne voudrais personnellement pas voter pour un candidat qui, non content d'être plus petit que son bureau, trépigne ridiculement sur son siège, et remue l'épaule à tout bout de champ. Je souligne également au passage que Nicolas Sarkozy semble plus attaché à son image qu'à ses résultats. Il prend en effet toujours soin de se hisser sur la pointe des pieds sur les photos, et semble complexé par cet attribut physique.
Mais intéressons-nous plus particulièrement au personnage, plutôt qu'à ce détail sans importance. Les français ont le droit de savoir pour qui ils ont voté.
Apparemment maître de lui en public, il se révèle en privé vulgaire et violent. Grand aficionado des insultes et jurons de toute sorte, il n'a pas hésité à qualifier Libération de « journal de merde avec des journalistes de merde », parce qu'un article lui déplaisait. Lors de son passage à France 3, mécontent de l'accueil de la chaîne, il a hurlé à la direction : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ». Quelle gracieux enfant.
On tombe en revanche franchement dans la vulgarité lorsqu'il traite d'« enculés » les membres d'une radio, ou qu'il affirme, parlant de François Bayrou et d'un journaliste soupçonné d'être acquis à ce dernier : « Ils couchent ensemble ». Ainsi, Michèle Alliot-Marie devient sous les attaques de Sarkozy « une salope », et Azouz Begag « un connard, un salaud qu'il ne veut plus jamais voir sur son chemin ». C'est pourtant le ministre délégué à l'Égalité des chances, ils ont donc de fortes chances de se rencontrer...
De plus, Nicolas Sarkozy use et abuse de son pouvoir démesuré sur la presse, faisant passer à la trappe les articles, enquêtes ou reportages qui lui déplaisent, ainsi que leurs créateurs et ses détracteurs.
Sarkozy à l'étranger
La presse étrangère ne mâche pas ses mots à son sujet. Un quotidien espagnol voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes ( terme espagnol faisant référence à un groupe d'intellectuels, favorables au protectionnisme, au populisme, à l'indépendance et au poids des traditions, qui se sont interrogés sur les causes de la décadence de l'Espagne en tant que Nation ) de la droite espagnole de la fin du XIXème siècle ».
Un quotidien allemand le décrit lui comme un « Georges Bush tricolore qui veut imposer en France l'idéologie de la droite néo conservatrice américaine ». En résumé, un grand nombre d'entre eux le considère comme une grande menace pour la démocratie.
Mais en plus de contrôler plus ou moins les médias, d'avoir une fâcheuse tendance à utiliser des mots qui ne sont pas assez soutenus pour être dans le dictionnaire, et de faire souvent preuve d'une démesure incroyable, Nicolas Sarkozy dissimule également un certain penchant pour la mégalomanie. Ses discours sont une succession ininterrompue de « je », « moi », « le meilleur pour », « l'unique capable de »... On trouve en effet pas moins de 153 « je » dans l'intervention de Nicolas Sarkozy à Dijon le lundi 23 avril 2007. J'ai compté.
Le Ministère de l'Immigration
En guise de conclusion, revenons sur la plus énorme des incohérences de Monsieur Sarkozy qui, pour draguer honteusement l'électorat le plus à droite, promet la création d'un ministère de l'immigration nationale et de l'identité nationale.
Cette idée novatrice aurait pourtant du germer dans la rêverie débridée d'un Le Pen plus nationaliste que jamais, ou plutôt d'un Staline d'outre-tombe, et non dans l'esprit de celui qui pourrait bientôt nous gouverner... Remarquons que même l'extrême droite autrichienne de Jörg Haider a tenu à dénoncer ce qu'elle qualifie de « nauséeux relents ».
En s'évertuant à récupérer les voix du FN, dont les militants ne pourront voter pour lui
( qui se revendique du Gaullisme ) que les yeux fermés, pieds et poings liés, et sous la torture, Nicolas Sarkozy fait virer son discours social à droite toute, mais peu réalisent à quel point.
De plus, c'est un constat d'échec pour celui qui fut ministre de l'Intérieur pendant 5 ans. Finalement, ce projet est complètement inutile. En effet, comme le précise le premier secrétaire du parti socialiste, « s'il s'agit de contrôler les flux migratoires, le ministère de l'Intérieur y suffit. S'il s'agit d'assurer l'intégration, le ministère du Travail qui est responsable de la population y suffit. ». Sarkozy a multiplié les lois concernant l'immigration. Si elles avaient appliquées dans le siècle dernier, sa famille n'aurait peut-être pas pu s'installer en France. Avec ces lois, il ne serait peut-être pas français.
Mais au-delà de cet excès de zèle manifeste, se cache une incohérence bien plus grave. En effet, si Sarkozy se présente comme le candidat du sentiment national, pourquoi est-il si « fier d'être surnommé Sarkozy l'Américain »? Pourquoi affirma-t-il, en voyage aux Etats-Unis, qu'il se sentait souvent « un étranger dans son propre pays »? Pourquoi condamna-t-il la position française lorsqu'elle ne suivit pas les Etats-Unis dans leur folle guerre en Irak ( dont ils subissent aujourd'hui les lourdes conséquences ), en usant de son veto? Pourquoi opposer sans cesse le modèle français au modèle anglo-saxon? Au passage, rappellons que de 1990 à 2005, la France a créé davantage d'emplois (2 520 000 : +11,25%) que l'Angleterre (1 520 000 : +5,82%).
Mensonge d'Etat
Mais ce qui est le plus dérangeant dans la politique Sarkozyste actuelle, c'est l'état d'ignorance dans lequel est plongé le public. Lorsque Monsieur Sarkozy affirme sur TF1 que chaque pays de l'ex-Union Européenne a 15 dispose d'un Ministère de l'Immigration, et qu'il ne voit pas pourquoi la France serait l'exception, pourquoi est-on obligé de se pencher sur les petits caractères d'une revue mensuelle nouvelle née pour découvrir qu'il s'agit d'un mensonge éhonté, et qu'aucun pays de l'ex-UE à 15 ne dispose d'un ministère ainsi nommé ( excès de campagne? Conclut le journal )?
Comment peut-on encore accepter le mensonge d'Etat ( 50% de smicards en France? ) ?
Et de même, comment expliquer la suppression de tant de sites anti-Sarkozy, suite à sa victoire lors des élections présidentielles? Plus qu'une vérité d'Etat, on voudrait nous imposer une pensée d'Etat.
Quand allons-nous réagir, face à ce système hypocrite et anti-démocratique ? Alors que tout est fait pour mater la rébellion, nous avons un devoir d'information, nous devons exiger la transparence politique. Si la majorité des français avait conscience des conséquences de la pensée Sarkozyste et de sa politique, ils seraient bien moins nombreux à le soutenir...
Sentiment National
Selon Monsieur Sarkozy, si je n'aime pas la France, je dois la quitter. J'y suis pourtant né, et une partie de ma famille habite Paris depuis au minimum 1848 ( étaler sa vie au grand jour est en effet à la portée de n'importe qui, Monsieur Sarkozy ).
De plus, ce dernier se présente toujours en homme d'action, et certifie qu'il faut toujours agir pour obtenir ce que l'on veut. Quitter la France serait une manière d'abandonner, de ne plus agir. Quel discours tient-il? Celui de l'action, ou bien du renoncement?
Plutôt que de quitter mon pays comme il le préconise ( à l'image de Jean-marie Le Pen ), je préfère agir pour tenter de hisser la France vers ma conception. Je veux user de ma citoyenneté balbutiante pour faire du pays où je suis né un État démocratique, de droit, de liberté, de justice, d'égalité. Pas un autre État des USA.
Monsieur Sarkozy, je ne veux pas livrer mon pays aux mains d'un opportuniste si peu cohérent et mauvais politique. Vous n'aurez pas ma voix.
P.S : Nicolas Sarkozy obtient ses plus gros scores chez les retraités. 43% des plus de 65 ans ont voté pour lui au premier tour. Et vous, du haut de votre majorité naissante, vous suivez aveuglément cette tendance? A quoi bon être jeune, à quoi bon être fou, à quoi bon être plein d'audace et d'idéaux, ( Monsieur Sarkozy n'a pas le monopole de l'anaphore ) si c'est pour voter comme les retraités?
Et je tiens à préciser, car les réponses des jeunes Sarkozystes sont souvent assez prévisibles, que mes chiffres et données proviennent de :
- Alternatives Economiques
- Courrier International
- Philosophie Magazine
- Marianne
- Le Monde
D'accord, ils ne sont pas franchement à droite, mais on ne va pas les accuser de fausser les statistiques de l'Insee pour le seul plaisir de critriquer.